Les Ministres du G5 tentent de mobiliser les moyens pour eradiquer le terrorisme

Les Ministres du G5 tentent de mobiliser les moyens pour eradiquer le terrorisme

by YonNGer

 

Une Session du Conseil de Sécurité des Nations Unies consacrée au financement du G5 Sahel, s’est tenue le 30 octobre, à New York, aux USA. Cette session présidée par la France a enregistré la participation des ministres en charge des Affaires Etrangères des pays membres de cette organisation créée spécialement pour lutter contre le terrorisme et le narcotrafic au Sahel. Le Secrétaire permanent du G5 Sahel M. Najim Elhadj Mohamed, a pris également part à la rencontre.

En marge de cette importante session, les ministres du G5 Sahel ont animé, le 01 novembre 2017, une conférence débat au Centre for Strategic and International studies, à Washington D.C, avec une remarquable présence d’une grande participation américaine.

Au cours de cette rencontre les ministres des pays membres du G5 Sahel ont tour à tour expliqué que le G5 Sahel était à la base un projet de développement et de sécurité. Leur déplacement à Washington s’explique par la nécessité d’édifier gouvernement amé­ ricain sur le pourquoi de cette nouvelle force G5 Sahel, ses objectifs straté­ giques et le besoin d’aider financièrement cette force qui sera différente des forces onusiennes qui sont déjà dé­ ployées au Mali. Pour rappel, la Munisma qui se trouve au Mali avec 13.000 hommes et coûte 1 milliards de dollars par an à l’ONU a pour principale activité le maintien de la paix en se protégeant sans pour autant engager le combat frontal contre l’ennemie.

Or ce dispositif de la Munisma, avec tous ces hommes, tout ce matériel n’est pas adapté pour stabiliser le Mali et la région du Sahel. C’est pourquoi, les pays du G5 Sahel ont senti la nécessité de la création d’une force pour combattre efficacement le fléau, car ils n’ont pas pu changer le mandat de la Minusma.

Le maintien de la Paix, dans un cas comme cela, s’applique dans un environnement civilisé avec des acteurs autour de la table sérieux prêts à dialoguer et au Nord Mali, il s’agit plutôt de l’occupation d’espace par divers groupes terroristes, notamment les narco terroristes avec un objectif bien précis, avoir un espace et continuer à semer la terreur afin de continuer à prospérer dans leur commerce malsain. Pour les ministres du G5, ce mandat de la Munisma est totalement hors du cadre, pire, cette mission a perdu énormément d’hommes et elle est l’une des plus coû­ teuse.

Les ministres ont expliqué qu’il fallait pour eux réfléchir et mettre leurs forces en commun pour pouvoir combattre Boko Haram par exemple, si on part de ce principe et bien évidemment, la terreur au Nord Mali rendre dans le même cadre et principe.

Le ministre des Affaires Etrangères, M. Abdoulaye Diop, du Mali a déclaré que les dirigeants du G5 Sahel ont réalisé que nous sommes confrontés à un danger clair et actuel avec la terreur dans le Nord Mali alors que nous sommes confrontés à un problème mondial. Il nous a fallu 8 mois pour mettre en place ce projet de développement et de sécurité dans les pays du G5 avec beaucoup de lobbying. Nous comprenons tous que les États­Unis sont une puissance mondiale et qu’ils ont besoin d’aider et de soutenir réellement la force interarmées, car nous avons besoin d’une force durable pour une bataille qui prendra de nombreuses années. Nous recherchons 450 millions de dollars pour faire fonctionner cette force car nous avons besoin de beaucoup de ressources techniques et financières.

Le ministre des Affaires étrangères du Tchad, M. Hissein Brahim Taha, a expliqué que les pays du G5 sahel ont besoin d’écoles, des centres de santé, alors à cause de cette guerre contre le terrorisme, ils sont obligés de laisser ces questions­là pour le moment afin de permettre à leurs pays d’exister et faire face à ce phénomène qui se propage dans les régions des pays du G5, » pour cela nous sommes obligés d’aller devant l’ennemie et porter cette guerre­là.

Quant au ministre nigérien des Affaires Etrangères, M. Ibrahim Yacoubou, comme tous ses collègues, en prenant la parole, il a souligné qu’au nom du Niger et de son peuple, il présente ses condoléances aux USA pour la perte de soldats Américains qui combattent le terrorisme auprès de nos soldats Nigériens. « Les Etats unis doivent être fiers de leurs hommes qui se sont battus comme des lions et qui sont morts les armes à la main, comme nous, nous sommes fiers de nos soldats qui se battent aujourd’hui depuis 3 ans sur plusieurs fronts pour préserver la sécurité de notre pays et du Sahel »…

M. Ibrahim Yacoubou a poursuivi en indiquant que « nous n’avons pas à faire à un extrémiste religieux, mais nous sommes confrontés à des narco­terroristes, ceux qui nous attaquent au Sahel, ceux qui sont en train de se constituer en menace contre le monde entier, ce sont des trafiquants de drogue, alliés aux terroristes, c’est le même groupe et les mêmes intérêts. Il est important de retenir ici que nous n’avons pas un extrémiste religieux au Sahel nous avons des trafiquants de drogue qui ont besoin d’un espace pour faire prospérer leurs business ».

S’agissant de Boko Haram, M. Ibrahim Yacoubou, a fait constater qu’aujourd’hui, même si Boko Haram continue à porter des attaques qui sont meurtrières, ses capacités de nuisances ont été fortement réduites grâce à l’engagement de nos forces armées.

« Je voudrais dire que les tribus que nous payons est très lourd, nous avons perdu beaucoup d’hommes, beaucoup de femmes et j’ai une grande pensée pour les 39 femmes et filles qui ont été enlevées à Ingallewa, région de Diffa, par la secte Boko Haram », a indiqué M. Ibrahim Yacouba.

Quant au ministre des Affaires Etrangères du Burkina Faso, M. Alpha Barry, il a indiqué que son pays en fait une priorité première, car, les terroristes sont à la recherche de nouveaux territoires et bien entendu il y aura d’autres cibles en Afrique comme par exemple la Côte d’ivoire ou encore le Bénin.

« Donc notre défi, c’est de faire en sorte d’éradiquer ce phénomène c’est pour cela que nous sommes dans cette action commune dans ce cadre du G5 Sahel et bien sûr le Ministre du Mali Diop vous a expliqué tous les défis qu’il y a relevés avec la force conjointe, je ne vais pas revenir la dessus.

Je voulais juste rajouter qu’il vous a indiqué les chiffres, pour le moment nous sommes loin du compte et nous voulons dire qu’il faut que la coopération soit réelle et qu’on ait des ressources nécessaires pour faire face à ces défis, et au passage nous saluions les 60 millions de dollars qui ont été annoncés par les Etats Unis il y a 2 jours c’est un effort louable, mais nous disons qu’on a encore besoin de ressource additionnelle afin de compléter le budget de la force conjointe, c’est pour cela que nous fondons beaucoup d’espoir sur la réunion de Bruxelles le 14 Décembre prochain ou on attend à ce que nos partenaires nous aident à boucler le budget.

Nous attendons des Etats Unis une aide additionnelle en plus de ce qui est déjà fait de façon bilatérale, ce qui est annoncé et ce qui peut encore fait un niveau multilatéral, mais nous attendons encore de la part des Etats unis un effet d’entrainement, un lobbying vis à vis d’autres partenaires, partenaires multi latéraux, bilatéraux, certains pays car nous voulons que les Etats unis jouent un rôle de leadership afin d’amener de nombreux partenaires à soutenir notre action », déclaré M. M. Alpha Barry.

Concernant la décision du Gouvernement fédéral amé­ricain d’inscrire la République du Tchad sur la liste des pays visés par le décret migratoire, les Ministres des Affaires Etrangères des pays du G5 Sahel ont fait une Dé­ claration dans laquelle ils présentent au peuple américain toute leur compassion et rendent hommage aux quatre soldats américains tombés sur le champ d’honneur, les armes à la main au Niger aux côtés de leurs frères d’armes en se battant vaillamment contre le terrorisme et le crime organisé. Ils ont sollicité, tout en respectant la souveraineté des pouvoirs publics américains, la compréhension des hautes autorités de ce grand pays frère et ami en vue de conforter la poursuite des efforts engagés par les pays du G5 Sahel.

Soucieux de préserver les excellentes relations de coopération entre le Tchad et les Etats–Unis d’Amérique d’une part, et les pays membres du G5 Sahel d’autre part, ils exhortent les hautes autorités à réexaminer favorablement la levée des sanctions contre le Tchad, née certainement d’un malentendu. Ceci serait de nature à renforcer le maintien de la paix et de la stabilité régionale et internationale et à repartir sur des bases plus solides et durables.

Ils ont rappelé que le Tchad s’est illustré de tout le temps, sans ambages dans toutes les batailles menées contre le terrorisme, tant au Tchad, au Niger qu’au Mali, et dans toute la bande sahélo­saharienne, non seulement à travers la Force Mixte Multinationale de lutte contre Boko Haram et dans les rangs de la Mission des Nations­Unies pour la Sécurité au Mali.

Il est l’un des pays ayant a payé et continue de payer un très lourd tribut de ce mal des temps modernes qu’est le terrorisme et qui s’est avéré de nos jours sans frontières.