Communiqué

55ème anniversaire de la Fête de l’Indépendance de la République du Niger : Le Chef de l’Etat signe un décret portant remises gracieuses de peines

 

IssoufouNationAddress2015

NIGERIENS,

NIGERIENNES,

MES CHERS CONCITOYENS,

En cette veille du 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, mes premières pensées vont vers nos vaillantes forces de défense et de sécurité, en guerre contre le terrorisme.

En particulier, je pense à nos soldats tombés à Tiloa, le 08 Mars 2010, à ceux tombés suite à l’enlèvement de deux expatriés Français le 07 Janvier 2011, à ceux tombés à Agadez et Arlit le 23 Mai 2013, à la prison civile de Niamey le 1er Juin 2013, à Mangaizé, à la prison de Ouallam, le 30 Octobre 2014, à ceux de la patrouille régionale de Tillabéry tombés à la même date sous les balles des assassins, à ceux tombés à Bosso les 06 et 24 Février 2015, à la prison civile de Diffa le 09 Février et le 11 Juillet 2015, au pont de Doutchi-Diffa le 16 Février et le 04 Mars 2015, dans l’île de Karamga le 20 Février et le 25 Avril 2015. Je pense aux victimes civiles de cette guerre qui nous est injustement imposée. Que leurs âmes, à tous, reposent en paix et que leur souvenir reste éternellement gravé dans nos mémoires. Je pense aussi aux blessés, civils et militaires. Je rends hommage à tous pour les sacrifices consentis et pour l’engagement patriotique sans faille dont ils ont fait preuve dans l’adversité. Je pense à ces villages saccagés, à ces villages brûlés, à ces villages vidés de leurs populations, à ces populations réfugiées ou déplacées, à ces enfants déscolarisés, aux biens perdus, bref à toute cette somme de malheurs et de détresse.

Le gouvernement a pris toutes les dispositions pour que ne soient pas vains les sacrifices suprêmes de ceux qui sont tombés et pour que triomphe la cause pour laquelle ils se sont battus. Il est déterminé à défendre nos institutions démocratiques, à assurer la sécurité de nos frontières ainsi que celle des personnes et des biens sur l’ensemble de notre vaste territoire. Conscient de l’existence de l’effet papillon dans les affaires humaines, c'est-à-dire de la possibilité que des petites causes produisent de grands effets, le Gouvernement suit dans les détails, quotidiennement en rapport avec la hiérarchie militaire et à travers les réunions hebdomadaires du Conseil National de Sécurité, la mise en œuvre des opérations conçues pour contenir les menaces auxquelles est exposé notre pays. Ces opérations enregistrent un succès indéniable. Ainsi en est-il de l’ opération Zarmanga, de la coopération avec l’opération Barkhane, des opérations N’gaa et Mai Dounama ainsi que des patrouilles départementales et régionales permanentes, qui ont permis respectivement de protéger notre frontière avec le Mali, de fermer les passages, à la frontière libyenne, aux terroristes, aux trafiquants d’armes et de drogue, de porter des coups durs à Boko haram, non seulement sur le territoire national mais également sur le territoire du Nigéria, de marquer la présence de l’Etat et d’apporter la sécurité sur l’ensemble de nos régions.

La bravoure et le courage de nos armées sont notre premier atout dans cette lutte. Je me dois donc de saluer, à nouveau, ces hommes et ces femmes qui se battent héroïquement, tous les jours, et ce depuis plusieurs mois pour que nous puissions tous vivre en paix.

Notre second atout est le soutien du peuple Nigérien.

Je me réjouis de son adhésion au combat contre les différentes menaces, notamment contre le terrorisme. Le but politique, défini par le Gouvernement et qui justifie notre entrée en guerre contre ce dernier, correspond parfaitement à ses intérêts. Le peuple sait qu’il s’agit non seulement de défendre ses libertés mais aussi d’empêcher des aventuriers sans foi ni loi de travestir sa religion. Son soutien multiforme aux forces de défense et de sécurité est inestimable. Je pense, par exemple, à sa mobilisation exceptionnelle, en leur faveur, ce 17 Février 2015. Je pense à ces renseignements humains qui permettent d’améliorer l’efficacité des opérations militaires. Je pense à ce téléthon qui a permis de mobiliser d’importantes ressources en faveur des forces de défense et de sécurité. Cette adhésion de notre peuple est, plaise à Dieu, un des facteurs décisifs qui nous conduiront à la victoire contre le terrorisme. Pour consolider cette adhésion, en particulier dans les zones les plus exposées aux menaces, des actions civilo-militaires, portant sur la sensibilisation, sur le financement des projets de développement, notamment sur les activités génératrices des revenus en faveur des jeunes, sont entreprises par le Gouvernement. J’encourage tous les patriotes et tous les démocrates à rester mobilisés et je lance un vibrant appel aux dirigeants de toutes les forces organisées de notre pays, notamment ceux des partis politiques et des organisations de la société civile, pour qu’ils se soudent au peuple et aux forces de défense et de sécurité. C’était le sens de mon offre, maintes fois renouvelée, de rassemblement de tous les enfants du pays en vue d’affronter, ensemble, les défis prioritaires, parmi lesquels les défis sécuritaires, auxquels est confrontée notre nation. Ma main reste toujours tendue.

Mes Chers Concitoyens,

Je voudrais le dire de manière solennelle, chacun est responsable de sa sécurité et de la sécurité collective. Nous ne pouvons être négligents ou indifférents face à des menaces aussi graves et aussi brutales. Il faut donc veiller, surveiller et rester constamment vigilant. C’est, j’en suis convaincu, l’union de tous qui nous rendra plus fort. C’est cette union qui nous permettra de créer les conditions de la sécurisation de nos frontières et de notre vaste territoire. C’est aussi cette union qui nous permettra de mieux contribuer à la sécurité régionale et internationale. Je félicite le Gouvernement pour son ferme engagement avec les pays voisins en vue de créer les conditions de la sécurité commune. Je le félicite, en particulier, pour l’excellent travail qu’il mène sur le dossier Libyen, sur le dossier Malien et dans la lutte contre Boko-Haram dans le bassin du lac Tchad.

Le Gouvernement est très soucieux des conséquences du chaos libyen sur la sécurité de notre pays et sur la stabilité de toute la région sahélo-saharienne. Aussi s’emploie-t-il, en rapport avec les frères libyens, les pays de la sous-région et la communauté internationale, à créer les conditions de la réconciliation de tous les libyens, celles de la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale capable de stabiliser le pays.

Je félicite le Gouvernement pour sa contribution à la conclusion et à la signature de l’accord de paix et de réconciliation au Mali, sous l’égide de l’Algérie, le 15 Mai et le 20 Juin 2015. Cet accord permet, non seulement de garantir l’intégrité territoriale de ce pays frère, d’unir et de rassembler le peuple Malien dans sa diversité et d’y protéger les institutions démocratiques, mais aussi, d’y isoler et d’y mieux combattre les organisations terroristes. Le Niger est fier d’avoir apporté sa contribution au sein du Comité de médiation et continuera à jouer un rôle actif dans le Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Le Niger, présent dans la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA), souhaite la mise en place d’une force plus offensive pour combattre plus efficacement les organisations terroristes. La mise en place d’une telle force peut s’inspirer du modèle de la Force Mixte Multinationale dédiée à la lutte contre Boko-Haram.

Justement, le processus d’opérationnalisation en cours, dans le bassin du lac Tchad, de la Force Mixte Multinationale permettra d’y éradiquer définitivement Boko Haram. La mise en place de l’Etat-major de cette force, à N’Djamena, au Tchad, ainsi que celle des contingents nationaux sont très avancées. La force mixte multinationale permettra une éradication dans les détails du terrorisme aveugle de Boko-Haram qui, par son extrême violence et sa banalisation de la vie, constitue un cran supplémentaire de barbarie jamais connue dans notre sous-région. L’ampleur du phénomène qui, depuis aujourd’hui six (6) ans, se caractérise par les viols, les décapitations et les destructions de villages, a renforcé la volonté de tous les Etats de la sous-région à barrer la route aux hordes assoiffées de sang de cette organisation terroriste.

Mes Chers Concitoyens,

Les menaces actuelles auxquelles est exposé notre pays ne resteront pas figées. Elles connaîtront probablement une évolution dans les années à venir. Conscient de cela et convaincu des vertus de l’anticipation, le Gouvernement a décidé d’engager une réflexion prospective, en rapport avec ses partenaires, sur l’évolution probable des menaces, sur l’adaptation de notre politique de sécurité nationale, de notre stratégie militaire, sur la gouvernance, la restructuration, l’entraînement, la formation et l’équipement des forces de défense et de sécurité. Je me permets d’insiste sur la politique de sécurité nationale pour dire qu’elle sera réexaminée dans toutes ses dimensions, économique, psychologique, politique et militaire. Dans la dimension économique, la sécurité alimentaire occupera une place de choix. Du reste, cette forme de sécurité a toujours été au centre des préoccupations du Gouvernement. Aujourd’hui, elle revient davantage en surface avec le retard enregistré dans le démarrage de l’actuelle campagne des cultures pluviales.

En effet, la présente campagne agro-pastorale est marquée par une installation tardive des pluies. La grande majorité des producteurs agricoles n’ont pu effectuer les semis des cultures pluviales qu’au mois de Juillet, soit avec un mois de retard par rapport à une année normale. Du reste, cette installation tardive de la saison pluvieuse corrobore, malheureusement, les prévisions météorologiques effectuées par (ACMAD) qui annonce en outre, avec une forte probabilité, un arrêt prématuré des pluies en fin de saison. Cette situation, vous vous en doutez, pourrait impacter négativement le cours de la campagne agro-pastorale et susciter des inquiétudes légitimes chez les producteurs agricoles et les éleveurs.

Je partage ces inquiétudes et nous prions Dieu pour qu’il apaise nos inquiétudes. Parallèlement, et ceci conformément à mon engagement d’assurer la sécurité alimentaire de notre peuple, j’ai instruit le Gouvernement pour que soient prises toutes les mesures idoines afin d’anticiper sur les résultats de la campagne. Nous savons ce que nous avons à faire : il s’agit de poursuivre, plus que jamais, la mise en œuvre de l’initiative 3N en mettant l’accent, dès maintenant, sur les cultures pluviales de diversification et en prenant toutes les dispositions pour le démarrage à temps de la campagne des cultures irriguées. C’est pour mieux évaluer l’ampleur de ces actions et sensibiliser les populations que des missions ministérielles ont été dépêchées dans les régions. Les informations collectées sur le terrain permettront de mieux guider l’action gouvernementale.

Mes Chers Concitoyens,

La situation de la présente campagne agro-pastorale nous conforte dans la poursuite de la mise en œuvre de l’initiative 3N, seule solution structurelle face aux effets des changements climatiques. Face à ces derniers, le Gouvernement met en œuvre, depuis plus de quatre (4) ans, les actions d’atténuation et d’adaptation telles que définies par la composante 4 de l’initiative 3N, relative à la restauration et à la protection des terres. Bien sûr le combat pour l’atténuation et l’adaptation doit être menée à l’échelle mondiale. La position de notre pays, qui est aussi celle de l’Afrique, est bien connue : nous la défendrons avec détermination à la prochaine conférence de Paris sur le climat, en Décembre 2015. En particulier, cette conférence sera pour nous l’occasion de défendre des projets régionaux tels que la réhabilitation du bassin du lac Tchad et la lutte pour la préservation du bassin du fleuve Niger notamment contre son ensablement.

Par ailleurs, la mise en œuvre des autres composantes du plan d’accélération de l’initiative 3N, à savoir : la maison du paysan, la maîtrise de l’eau pour les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, l’accroissement et la diversification des productions animales, l’amélioration de la nutrition, la conservation, la transformation et la commercialisation des productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, la mobilisation, la sensibilisation, l’animation et la communication, a permis déjà de montrer que sécheresse n’est pas synonyme de famine. C’est le lieu de saluer la signature récente, avec la Banque Mondiale, de la convention de financement du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS) en faveur de six pays de la sous-région dont notre pays. Dans ce cadre notre pays bénéficiera de ressources financières d’un montant supérieur à 22 milliards de FCFA.

Mes Chers Concitoyens,

Dans quelques mois, vous retournerez aux urnes. Dans quelques mois vous exercerez votre rôle d’arbitre. Vous élirez, dans quelques mois, vos représentants à l’Assemblée nationale et dans les assemblées locales ainsi que celui ou celle qui présidera aux destinées de notre pays pendant les cinq (5) prochaines années. Ces élections constituent une phase importante dans le processus, engagé depuis quatre (4) ans, d’instauration d’institutions démocratiques et républicaines fortes et stables. Il s’agit là, on s’en souvient, d’un de mes engagements les plus forts. En effet, il s’agit de la première des huit (8) priorités du programme de renaissance. Or, il n’y a pas d’institutions fortes et stables sans légitimité populaire et il n’y a pas de légitimité populaire sans élections libres et transparentes. Je tiendrai donc cet engagement. C’est dire que je mettrai un point d’honneur à contribuer à l’expression libre des suffrages du peuple Nigérien et à l’organisation d’élections inclusives. Mon parcours politique, exempt de toute participation à des entreprises liberticides, en constitue une solide garantie. C’est dire que je ne cautionnerai pas l’organisation d’élections tropicalisées pour ne pas dire truquées. Cela n’est pas, d’ailleurs, dans la tradition de notre pays. C’est dire que je considérerai des élections mal organisées comme un échec personnel et je ne serai jamais à la base d’un travestissement de l’expression de la volonté populaire. Aussi les institutions chargées des élections, du Comité du Fichier Electoral biométrique (CFEB) à la Cour Constitutionnelle, en passant par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et le Conseil National de Dialogue Politique (CNDP), doivent-elles prendre leur responsabilité, en toute indépendance par rapport à tous les partis, quels qu’ils soient. Je voudrais donc rassurer tous les partis politiques et tous les candidats, que la tradition de transparence et d’équité généralement observée dans notre pays en matière électorale sera respectée.

Du reste, en plus de l’existence d’institutions électorales réellement indépendantes, le peuple Nigérien est jaloux de l’expression libre de ses suffrages. L’engouement constaté lors du récent enregistrement des électeurs, dans le cadre de la reprise du fichier électoral, l’atteste. Il est une indication claire de l’intérêt que portent les citoyens pour ces consultations et de l’enracinement de la démocratie dans notre pays.

Les partis politiques qui présenteront des candidats ont une contribution centrale à apporter dans la transparence des élections. Je les invite à prendre toutes les dispositions pour que leurs délégués soient présents dans les bureaux de vote.

Une autre garantie de la transparence des élections est constituée par les observateurs de la société civile, nationaux comme internationaux. Je leur lance, ici, un appel solennel pour qu’ils soient les plus nombreux possibles à être les témoins de nos élections.

Ainsi nous réunirons quatre (4) conditions pour garantir la transparence et la crédibilité de nos élections : la vigilance des électeurs, la présence des délégués des candidats dans les bureaux de vote, celle des observateurs et l’indépendance des institutions chargées des scrutins.

Par ailleurs, la participation des Nigériens de la diaspora à ces élections ainsi que la révision proportionnelle du nombre de députés par rapport à la population de notre pays constituent des gages supplémentaires de l’amélioration de la qualité de la représentation politique.

Le Gouvernement, avec l’aide des partenaires traditionnels, mobilisera les moyens nécessaires pour permettre aux structures indépendantes chargées de la confection du fichier électoral et de l’organisation des élections d’assurer convenablement et adéquatement leurs missions.

Mes Chers Concitoyens,

La sécurité face aux menaces auxquelles notre pays est confronté, la sécurité alimentaire face au retard de la présente campagne agricole pluviale, l’organisation des prochaines élections, tels sont les thèmes que j’ai souhaité aborder en cette veille du 55ème anniversaire de notre indépendance. Je fonde l’espoir que nos efforts pour juguler les menaces et pour assurer notre sécurité alimentaire seront couronnés de succès. Je fonde l’espoir que tous les acteurs contribueront à l’organisation d’élections libres, transparentes et honnêtes. Que Dieu bénisse le Niger. Qu’il nous accorde la paix et un hivernage fécond dans un Niger démocratique, stable et prospère.

JE VOUS REMERCIE. /.

Source: nigerdiaspora.net

 

Fichier électoral

 


L’ambassade du Niger à Washington D.C.  a l’honneur d’informer la communauté nigérienne résidant aux Etats Unis d’Amérique et au Canada de l’arrivée à Washington D.C. le 15 Juin 2015 d’une équipe du Comité National chargé du Fichier Electoral Biométrique (CFEB), composée du Colonel Ali Mahamadou Issa et Mr. Ibrahima Soumaila.

L’objectif de cette mission est de mettre en place la Coordination diplomatique chargée du recensement électoral des nigériens résidant aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada.

L’ambassade lance un appel à l’ensemble des nigériens à se mobiliser en vue de prendre part au recensement électoral à des dates qui seront communiquées ultérieurement.

16 Juin 2015.

 

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